lundi 3 novembre 2008

La chrono de la cuisine

Jour moins X

C’est le 2 mai. On vient d’acheter (en moins d’une demi-heure, il faut le préciser) une cuisinière GE Profile, un frigo Samsung et un lave-vaisselle GE. On a prévu un rendez-vous avec un cuisiniste de Home Dépot qui viendra prendre des mesures. Je sens que ça ne sera pas facile de refaire cette cuisine.

Le 6 mai

La designer est venue pour la première fois. Elle demande beaucoup d’argent, mais son intérêt me rassure. C’est une connaissance d’une connaissance rencontrée au cours de couture. Elle s’appelle Catherine Di Fiori. On verra. Elle m’a demandé de faire mes devoirs. Je dois choisir la sorte d’armoires, les couleurs, le style, etc.

Jour moins XX

Catherine est revenue avec un gros compte et pas beaucoup d’idées. Je l’ai congédiée. 550$ pour un petit croquis et pas grand chose d’autre. Je suis contrariée.

 Jour moins XX

 J’ai rencontré aujourd’hui des voisins qui ont complètement refait leur maison. La femme m’a invitée à visiter l’intérieur. Je revenais de chez Home Dépot où je n’avais pas été tellement impressionnée par les suggestions de cuisine. Mais chez Nicole, wow. Jamais vu rien de tel dans la vraie vie. Sa cuisine est ultra moderne. Digne des grands magazines. Elle est particulièrement fière de sa salle de bains, mais toute la maison est drop dead gorgeous. On a passé deux heures à placoter. Je sens qu’on se tutoiera bientôt. Le chien Flanelle est adorable. Une Surprise en plus gros et… plus tranquille.

Jour moins XX

Toute la journée à faire le tour des cuisinistes de la région. Un ultra moderne à Vimont Centre Design Réalité, un type qui ne vendait que du et du et qui nous a regardés de haut (BCBG sur St-Martin, pour le nommer) et un cuisiniste fort gentil de St-Jérôme que j’avais été visité avec maman plus tôt, Alain Tardif propriétaire de Comptoir Tec.  Il y a de l’espoir.

M. Tardif est venu prendre les mesures. En sirotant une bière. Il me propose plusieurs options. Intéressantes. Il semble s'amuser et est très enthousiaste. Sauf qu'il ne connaît pas le moderne, ni même le contemporain. Il aime les look traditionnels. Les patines et les bois sombres. On est loin du blanc. 

Jusqu’à maintenant, on a obtenu des suggestions de Mobalpa (17 000$ au moins), Home Dépot (13 650$ plus taxes, plus électros, plus tout le reste, que j’estime à 3000-3500$. Ouille.), Réno-Dépôt (8000$ plus-plus-plus).

Chez Mobalpa, une entreprise française qui vient tout juste de s’établir, les armoires sont magnifiques. Mais je n’ai pas confiance. Surtout quand la jeune Stéphanie, fraîchement débarquée, m’assure que le prochain conteneur arrivera en novembre… Et le prochain, au printemps. Et s’il manquait une poignée? Ou une porte?

Jour XX

On annule les électros de Home Depot. C'est trop rapide et on n'est pas assez avancés. Ils sont super. Je les recommanderais à n'importe qui de moins indécis que moi.

Le 2 juillet

On visite JC Perreault pour voir leurs électros. On tombe malheureusement sur un vendeur qui n’y connaît rien.

- Quel frigo achèteriez-vous?

- Celui-ci.

- Pourquoi?

- Parce qu’il vient de la Nouvelle-Zélande.

- Mais encore ?

- Parce que c’est celui que j’ai chez moi.

- Bon.

Le 5 juillet

On s'essaie chez Brault et Martineau. Pas très fort comme service. Un vendeur (qui n'a jamais cuisiné de sa vie) nous jure que les cuisinières à deux fours ne servent à rien. Nous le remercions. Et quittons en courant. 

Le 15 juillet

Pas de nouvelles de M. Tardif. J'avais pourtant senti un lien de confiance s'installer. Que s'est-il passé?

 Le 17 juillet.

Toujours pas de nouvelle, je le joins sur son cellulaire. Il m’invente une histoire où il est question de sa graphiste qui ne lui donne plus signe de vie et qui ne peut pas nous faire de plan adéquat. ?  avance-t-il.  Pas rassurant.

Le 20 juillet

On visite la cuisine de Denis Bolduc, un collègue de travail. Tout a été fait chez Ikea. C’est magnifique. Et beaucoup moins cher. Il a fait le tour de la ville et a conclu que c’était la meilleure place. J’y vais ce lundi.

Le 22 juillet

J’ai terriblement mal au dos. Tout ce brassage m’inquiète. 

Le 24 juillet

Première visite chez Ikea. Je rencontre Maya. C'est rassurant. Elle s'y connaît. Et en plus, elle a de bonnes idées. Les meilleures jusqu'à maintenant.

Le 5 août

Seconde visite chez Ikea. Je rencontre Sylvain Desrochers. C’est un artiste. Ça commence à prendre forme dans ma tête. J'aime beaucoup, énormément. Il me reste à brasser tout ça, en m'endormant le soir. 

 Le 9 août

Nicole la sœur de Michèle Ouimet me rencontre pour valider mes choix. Elle déteste tout ce que j’ai choisi. Merci. Je lui remets son chèque de 165$ et on se quitte en bons termes.

Le 10 août

On décide de mettre la pédale douce. On ne fera pas faire les travaux ce septembre. Peut-être en octobre. Ça y est. On décide de reporter les travaux. J’ai trop mal au dos pour me concentrer.

On se rend chez Germain Larivière et on rencontre Julie Secours. Une super vendeuse. Qui semble comprendre. ME comprendre. Ce qui n'est pas simple.

Le 4 août

Ça y est, c'est conclu. Ikea ce sera. Ils sont attentifs, attentionnés et beaucoup moins cher qu'ailleurs. J'aime leur design, les choix de gadgets. Bref, je m'en remets à eux. 

Le 10, 12, 15, 28 août

On se rencontre souvent, histoire de finaliser les plans. Je suis certaine qu'ils m'ont fichée. Quand je rentre dans le magasin, ils doivent envoyer un message à tous leurs employés: «Code bleu, Madame Amiot monte l'escalier et se dirige vers les cuisines. Attention code bleu».

Le 1er septembre

Étonnamment, les amis (oui, ce sont maintenant des amis) semblent toujours contents de me voir. Pas la moindre impatience. Je change d'idée souvent. Ils se souviendront de moi je pense.

 Jour moins 60

J’ai vidé l’armoire aux belles tasses aujourd’hui. Celle qui est au-dessus du frigo. Je les ai déposées, délicatement, dans le meuble de Carolyn, dans la chambre d’invités. Il y avait une vingtaine de tasses, des assiettes de service et des plats. Demain, j’attaque les livres de recettes et l’armoire maudite en coin. Celle qui n’aurait jamais dû être construite.

Jour moins 54

J’ai trop de livres de recettes. Des tonnes et des tonnes. Il faut que je fasse le ménage. La plupart du temps, je n’utilise qu’une ou deux recettes par livre. C’est décidé. Je prends les meilleures, je les inscris dans mon recueil maison et je donne les autres. Finalement, c’est une thérapie, cette nouvelle cuisine.

Jour moins 45

J’avance moins vite que prévu. Entre les cours de couture, les courses et la vie en général, je ne vide pas mes armoires assez vite à mon goût. Si je peux me décider sur la couleur des électros (et leurs marques), je pourrai enfin me concentrer sur le ménage. Je pourrai aussi inscrire les recettes, tel que prévu. Je n’ai aucun temps pour faire mon scrapbooking chéri.

Jour moins 44

J’ai fini de ranger les pots à fleurs. J’en ai jeté (donné/cassé/fait disparaître) quelques-uns et j’ai rangé les autres en bas. J’ai aussi acheté une vingtaine de boîtes de la Cartonnerie. Youppi.

Jour moins 39

Wow. J’ai vidé deux tiroirs. Aucun mérite. Un des tiroirs contenait le grill T-Fal. Pfffft.

Jour moins 37

J’ai fait le ménage des armoires au-dessus de la hotte, la verrerie et l’étagère en fer forgé. Où diantre vais-je la placer celle-là? Au chalet???  Quel chalet? J’ai vraiment de jolies choses. Ça me coûte de les laisser aller. Peut-être les enfants… Je n’ai aucune envie de faire une énième vente de garage. Ouach.

Jour moins 27

J’ai fini de vider (ou presque) l’étagère où on garde la boulangère. Dans la nouvelle cuisine, je n’ai prévu aucun espace pour placer ces bébélles. J’ai prévu un endroit pour quelques livres de recettes, mais c’est pas mal tout. Où iront les kleenex? Le nettoyeur à lunettes? Les livres sur les vins? Les réceptions? La boulangère? Angoisse et damnation.

Jour moins 25

Les enfants ont hérité d’une dizaine de sacs de toutes sortes d’accessoires in-dis-pen-sa-bles. Et oh surprise, ils sont bien contents.

Jour moins 15

J’ai finalement choisi armoires, couleurs et tissus. Enfin, pas tout à fait. Je suis repassée par Germain Larivière pour voir si, peut-être, on pourrait pas changer les électros blancs en électros inox. , m’a répondu le vendeur. Fiou. On a pris la décision pour moi. Excellent. Let’s move on to bigger and better things.

Jour moins 10

Le micro-ondes magnifique acheté pour trois fois rien chez Canadian Tire est trop grand. Exit donc. Comme tout le reste, il fait partie de la grande gamme des produits retournés, échangés, etc.

Jour moins 1, le jour de Noël

Malgré toute ma planification, il reste encore des dizaines de cossins à ranger bien soigneusement au fond des boîtes de carton. Hier, c’était le réveillon de Noël.  Avec les enfants, Melody et grand-papa et grand-maman. On a bien mangé et la maison était encore intacte. Aujourd’hui, on lave la vaisselle et on la range à sa place ou dans des boîtes bien à l’abri dans la chambre d’invités. Qui a de plus en plus des allures de chambre à débarras. Puis, à 15h, hop à Chateauguay pour se joindre aux Amiot pour le souper de Noël.

Le 26 décembre

Le jour J.

Robert est arrivé à 8h pile. Jacques et lui ont démoli la cuisine puis ont descendu les armoires en miettes dans le garage. Périodiquement, je les entends jeter les morceaux sous l’abri d’hiver. Quelle montagne. Vers le milieu de l’après-midi, ils ont construit un tout nouvel établi au fond du garage. C’est magnifique. La cuisine est vide sauf pour les trois électros qui trônent encore au milieu de la place. Il ne reste que le meuble du lavabo et le lave-vaisselle. Je tente de passer derrière, transportant ce qui reste dans des coins de la maison peu encombrés. J’ai dû monter et descendre les escaliers 2000 fois aujourd’hui. Nous nous sommes installés dans la salle à manger avec le micro-ondes, une table pour ranger la nourriture et le petit four. On a même la télé. C’est du camping de luxe. Dodo à 21h.

Le 27 décembre

Robert est revenu, cette fois pour démolir le faux plafond qui s’abaisse sur le mur du frigo. Surprise! Il y a un autre faux plafond sous le premier. Autre surprise, on trouve des feuilles de La Presse. On a la confirmation que la cuisine avait été rénovée en 1987. Le travail avance moins vite qu’hier mais les résultats sont encourageants. Les hommes ont scié les deux par quatre et ont pu insérer les lumières encastrées dans l’isolant du plafond. Jusqu’ici, tout va bien et tout le monde est de bonne humeur. La musique classique apaise les nerfs.

Le 28 décembre

C’est le jour de l’électricité et de la plomberie. M. de Numainville est arrivé à 9h30 est s’est immédiatement attaqué au transfert des tuyaux. Il est passé par la salle de lavage (la seule qui n’avait pas été touchée avec notre chambre et la salle de bains d’en haut) et a ouvert un mur pour passer le tuyau. C’est mieux que de passer les tuyaux derrière les armoires et me priver d’espace. Il réparera aussi la fuite dans la salle de bains d’en bas. Jacques a ouvert le plafond et croit que c’est la douche qui coule. Espérons que ce sera assez simple.

 Le tireur de joints a appelé et il reviendra demain. Heureusement, car il reste encore à placer le gypse au plafond et sur le mur. Jacques et Robert ont tiré des fils électriques toute la journée. Il y aura des fils pour les lumières, les néons sous les armoires et dans les modules vitrés. Ils ont prévu des fils pour la hotte, les chaufferettes coup de pied et le thermostat. Reste à ouvrir le mur entre le placard et la cuisine pour encastrer la télé et la radio. Gros contrat.

 Le 29 décembre

On perce le trou pour encastrer la télé. C’est plus difficile que prévu. Il n'y aura pas de trou pour encastrer la radio. C'est trop compliqué.

Le 30 décembre

Grand-papa est venu porter renfort aux hommes qui en avaient un peu besoin. Il a amélioré le trou de la télé et a offert ses suggestions. Le trou est fait mais il reste encore beaucoup à penser. Y aura-t-il une boîte? Un trou avec une étagère? 

Le 31 décembre

Le jour des tuiles de plancher. Jacques et Robert installent les nouvelles tuiles qui, oh malheur, ne sont pas de la même grandeur que les anciennes. J’appelle un peu partout mais sans succès.

 Le 1 janvier 2006

On a donné congé à Robert. Pendant ce temps, Jacques applique trois couches de peinture sur le plafond et sur les murs.

Le 2 janvier 2006

Dernier jour des vacances de Jacques. Les deux hommes travaillent d'arrache-pied car les installateurs seront à la maison dans deux jours. L'électricité, c'est ce qu'il y a de plus dur. Le plafond est refait, c'est magnifique. La peinture est jolie, le plancher aussi. 

Le 3 janvier 2006

Jacques est retourné au travail. Robert s'attarde à la peinture, aux joints, aux lumières à encastrer, à passer le câble de la salle de jeux au placard, à la boîte de la télé, à la salle de bains du sous-sol qu'il faut repeindre, etc. Je lui donne congé. Il reviendra après les travaux de Fixe-tou

 Le 4 janvier

Les hommes (ils sont trois) sont arrivés à 10h et ont transporté 9 tonnes de matériaux. Ça y est, on commence. La salle à manger est pleine à craquer. Je ne sais plus où manger. On s’installe dans le salon. Il y a du va et vient partout. C’est énervant, surtout avec la musique de CKMF qui joue à tue-tête. Ils sont de bonne humeur. Tant mieux.

 Le 5 janvier

Il y a du bruit dans toute la maison. Je me réfugie dans ma salle de couture. J’essaie de faire le ménage de mes livres de recettes. Mais François, le boss, m’appelle à tout bout de champ. C’est habituellement pour me dire que le mur est croche, qu’il ne sait pas trop comment il va s’y prendre, que c’est une maison vieille, etc. Inévitablement, il réussit…. l’impossible. Il est dur avec ses hommes mais ça marche. J’en profite aussi pour recouvrir mes chaises de salle à manger. J'ai eu un petit moment d'énervement cet après-midi (me disant que vraiment, qu'est-ce que j'avais dans la tête de vouloir une cuisine neuve?). Jacques m'a délicatement reconduite dans ma salle de couture et a fermé la porte tout doucement. Gentil Jacques. 

 Le 6 janvier

C’est vendredi. Les hommes sont arrivés à 6h pour terminer les gugusses. Il y a encore pas mal de travail, mais c’est vraiment, vraiment beau. Les armoires sont magnifiques et les comptoirs en bois ont pris de la couleur depuis que j’ai mis la première couche d’huile. À 15h, ils partent enfin. Je commence à vider mes boîtes et remplir les armoires. Le bonheur.

 Le 7 janvier

La hotte n’est pas encore installée mais je l’ai lavée soigneusement pendant que Robert travaillait. Elle brille. Robert n’aura qu’à la glisser dans son nouveau trou. Jean-Simon est venu chercher sa cuisinière au moment même où Germain Larivière livrait les électros. On installe le frigo qui rentre parfaitement. Il faudra attendre à lundi pour la cuisinière : le gaz n’est pas encore branché. Deux autres couches d’huile sur les comptoirs.

 Le 8 janvier

On est dimanche. C’est de mieux en mieux. On a fait tout le ménage, les tiroirs sont pleins, les armoires aussi. Lundi, Robert revient pour la hotte. Jacques installe les néons. C’est vraiment beau. Surtout avec les chaises en cuir de chez Costco. La maison commence à reprendre ses aises. Il y a encore de la poussière partout mais c’est mieux. Jacques installe la lumière au-dessus du comptoir à manger.

 Le 9 janvier (lundi)

Le gaz est branché. On pourra enfin pousser la cuisinière le long du mur. Robert a installé la hotte. Une chance qu’on l’a! M. Numainville a envoyé un tout jeune homme pour le lave-vaisselle et le broyeur. Il a eu un peu de difficultés mais a enfin réussi. La salle de bains d’en bas est terminée aussi. Le plafond est réparé, la  douche aussi. Finalement, on commence à voir la proverbiale lumière.

 Le 10 janvier (mardi)

Il reste encore les tuiles en pâtes de verres à poser au mur. On voulait des tuiles blanches, de métro, mais on est tombé en pamoison devant ces petites tuiles turquoises. Elles donnent le ton à toute la cuisine. J’ai fini de poser les coussins et les rideaux de la salle à manger.

 Le 11 janvier

Je suis retournée au boulot. Jacques s’est occupé des tuiles. C’est vraiment magnifique. Dur à poser mais bien beau. Les lumières sous les armoires donnent de l’atmosphère.

Le 12 janvier

C'est fini. Je prends des photos. Je suis infiniment satisfaite. Tout est neuf, tout est beau. Merci Jacques de m'avoir endurée. 

1 commentaire:

mlc a dit…

bon courage pour tous ces travaux de plomberie, pas facile a mener quand on est pas plombier

Mathilde de le site vitrine